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LE 26 avril 2016 // Concerts // ARLT (Quatuor) + REV GALEN + CATHERINE HERSHEY

ARLT (Quatuor) + REV GALEN + CATHERINE HERSHEY

Weird Folk


Le duo Arlt passe la folk et la chanson à la moulinette de ses velléités surréalistes depuis maintenant trois albums. Ils viendront présenter le dernier en date, "Deableries", sur la scène de Petit Bain, en quatuor pour l'occasion, avec Mocke & Thomas Bonvalet. Participant au renouveau d'une certaine chanson underground, avec notamment le collectif La Souterraine, le groupe partagera l'affiche avec deux autres chantres de cet univers iconoclaste, Rev Galen & Catherine Hershey.

MARDI 26 AVRIL
FÊTE SOUTERRAINE
ARLT (Quatuor)
+ REV GALEN
+ CATHERINE HERSHEY

Weird Folk
20h / 12€ en prévente*, TR, habitants du 13eme / 15€ sur place
*hors frais de location
EVENT FB

ARLT Troisième album officiel du groupe Arlt (après la parenthèse « Arlt & Thomas Bonvalet » qui voyait ce dernier passer le répertoire du duo par le feu d’une instrumentation hétéroclite et convulsive), ‘Deableries’ est un recueil de chansons suaves, gondolées, radioactives, dont on ne sait pas très bien de quoi elles parlent, « si c’est de la mort qui vient ou bien du café qui brûle, si c’est de l’amour qui s’en va ou bien de quoi ». Eloïse Decazes y chante comme une sirène toxicomane (et parfois même, littéralement, comme une sirène de pompiers), une marionnette hantée, une enfant en proie aux hallucinations, une vieille femme phosphorescente, elle est aussi émouvante que drôle, et plus étrange que jamais. Sing Sing y épanche son baryton de cafetière, au delà du juste, à sa façon de loup-garou qu’on a ébouillanté pour rigoler.
https://www.facebook.com/pages/Arlt/155088420932

REV GALEN « Des comptines réverbérées, poussées l’oeil grand ouvert dans l’oeil du diable, et dont la grande douceur étrange et le charme (inquiet) cachent à peine le caractère ébouillanté. » "Sing Sing"

CATHERINE HERSHEY avec Catherine Hershey, Charlotte Buonomo, Stephanie Papa.
Catherine Hershey​ chante a cappella ou en harmonies vocales, comme renouant avec la fonction liturgique originale du chant, avec la puissance de la parole, de la voix, cette « harpe sacrée » des gospels. Tout passe mieux de bouche à oreilles, et la parole amplifiée perd de sa puissance. « Au-delà des bras » me fait penser à Léon Chestov, qui postule que la foi libère, quand la raison aliène. Il cite Saint Paul, parlant d’Abraham comme celui parti « sans savoir où son chemin le menait ». L’amour est d’abord idiot, et la dévoration, toujours eucharistique : « J’ai pris feu, à tes pieds je me suis allongé. J’ai caressé tes mille peaux, tu as embrassé mes os, et mon cœur idiot. Je suis tombée, affamée. Amour, j’ai voulu te dévorer. ») ; « La chute » me rappelle l’« Homo Sacer », de Giorgio Agamben, l’homme sacré, exclu de la société romaine, qui peut être tué par n’importe qui, mais qui ne peut faire l’objet d’un sacrifice humain lors d’une cérémonie religieuse. Comme est errante l’âme de celui qu’on a privé de sépulture. Agamben, dans « La communauté qui vient », parle aussi des enfants morts avant d’avoir été baptisés, comme errants dans les limbes. Ces limbes ne sont pas une peine afflictive, comme l’enfer, mais une peine privative : ils sont juste privés de la vision de Dieu, et du coup, sont impassibles face à sa justice. Ils restent innocents, comme éternellement enfants. Cette innocence les rend aussi très sensuels, ou sexuels, comme peut l’être « Ici le cœur » (là où est le trésor). Catherine Hershey regarde et chante le monde, et l’humanité, avec ces yeux d’enfant, cette voix de l’innocence, et de l’étonnement, mystique, spirituel. "Wilfried Paris"